Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  Acrobat reader
Les enquêtes techniques

Résumé du rapport final

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 17 octobre 2014 (modifié le 26 février 2020)

Le 22 décembre 2012, vers 16 heures, sur le domaine skiable de Gourette à Eaux-Bonnes dans les Pyrénées-Atlantiques, un adolescent qui venait d’embarquer accompagné de deux camarades sur le télésiège fixe « Fontaines-de-Cotch », se retrouve suspendu au-dessus du vide, agrippé au garde-corps de son siège et retenu par son voisin. Un peu plus d’une quarantaine de secondes plus tard, il chute d’une hauteur de 15 mètres et tombe sur un rocher alors qu’il se trouvait entre 90 et 100 mètres de la ligne d’embarquement. Transporté d’urgence à l’hôpital de Pau, il y décède deux jours plus tard.

La cause directe de cette chute est le glissement de la victime sous le garde-corps de son siège qui était pourtant normalement baissé. Les raisons qui ont permis ce glissement n’ont pas pu être déterminées avec certitude. Il n’apparaît, a priori, pas imputable au comportement de la victime et de ses deux voisins qui étaient calmes, ne portaient pas de sac sur leur dos et ont baissé rapidement le garde-corps de leur siège. Il est, en revanche, possible que la victime ait été déséquilibrée soit, par l’impact de ce siège lorsqu’il s’est présenté soit, par le heurt de l’extrémité de l’un de ses skis contre le sol juste après l’aire horizontale d’embarquement. Il est également possible qu’elle ait été gênée lorsqu’elle a voulu se carrer sur son siège.

Nonobstant, trois facteurs ont contribué à cet accident :
- les conditions d’exploitation du télésiège concerné en termes de vitesse, d’espacement des sièges et d’organisation de la surveillance, qui, bien que respectant la réglementation technique en vigueur, ne permettaient pas à un agent seul de surveiller efficacement, sur une distance suffisante, les passagers venant d’embarquer ;
- l’absence de dispositifs techniques additionnels qui auraient pu compenser les limites de cette surveillance soit, en renforçant les capacités de détection des usagers en difficulté soit, en limitant physiquement les risques de glissement sous un garde-corps ;
- l’insuffisance des consignes opérationnelles données aux agents d’exploitation sur la conduite à tenir lorsqu’un passager risque de tomber, qui n’a pas favorisé des réactions rapides et coordonnées des personnels alors en poste dans la station basse de l’installation considérée.

Au global, l’analyse détaillée de cet accident fait ressortir que les exigences réglementaires et normatives concourant actuellement à la sécurité de l’embarquement sur les télésièges ne garantissent pas une cohérence globale des conditions d’aménagement, d’équipement et d’exploitation d’une installation donnée qui permette d’assurer une prévention optimale des chutes de passagers immédiatement après leur embarquement.

À la lumière de ces éléments, le BEA-TT formule quatre recommandations visant à :
- évaluer la sécurité de l’embarquement des passagers sur tous les télésièges existants ;
- ajuster et consolider les exigences techniques concourant à cette sécurité afin d’en garantir une application optimale sur chaque installation ;
- former, sur la base de consignes opérationnelles explicites, les personnels en charge de l’exploitation des télésièges desservant les domaines skiables de Gourette et de la Pierre-Saint-Martin à la gestion des situations d’urgence pouvant conduire à la chute d’un passager immédiatement après son embarquement.


Télécharger :