BEA-TT

Résumé du rapport final

publié le 29 janvier 2016

La ligne ferroviaire de Nice à Digne-les-Bains est une voie ferrée secondaire d’intérêt général concédée par l’état à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui en a confié l’exploitation à un établissement public local à caractère industriel et commercial, la régie régionale de transport Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le 8 février 2014 à 11h07, sur la commune de Saint-Benoît dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, l’autorail n° 43 composé de deux voitures qui circulait à faible vitesse sur cette ligne en direction de Digne-les-Bains est percuté au PK 74+070 par un rocher d’environ 15 m3 qui a dévalé sur quelque 130 mètres la falaise surplombant la voie ferrée, en transperçant deux lignes d’écrans de protection.
Ce rocher heurte la première voiture de ce train, qui déraille et se renverse dans le talus situé au-dessus de la route nationale N 202. La seconde voiture du train, bien que déraillée, reste sur la plate-forme ferroviaire.

Cet accident coûte la vie à deux des 23 personnes présentes dans le train. Il occasionne des blessures à neuf autres dont deux agents de la régie régionale de transport Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les dégâts causés à l’infrastructure et à l’autorail sont très importants.

Les investigations effectuées montrent que la chute du rocher à l’origine de ce déraillement est la conséquence directe de sa déstabilisation progressive par l’érosion et que son état précaire ne pouvait pas être détecté lors des tournées de surveillance effectuées au pied des falaises par les agents en charge de la maintenance de la route ou de la voie ferrée.

Des évaluations de l’état de ces falaises étaient périodiquement réalisées par les gestionnaires des différentes infrastructures concernées. Elles avaient en particulier conduit, à l’endroit où l’accident s’est produit, à mettre en place en 2007 plusieurs lignes de protection, constituées de filets, pour se prémunir contre des chutes de blocs rocheux. Ces dispositifs ne pouvaient cependant pas retenir un rocher de la taille de celui qui a percuté ce train.
Néanmoins, face au risque important de chutes de pierres sur une grande partie du massif rocheux considéré, les actions d’évaluation et de surveillance de son état que conduisent tant le gestionnaire de la ligne ferroviaire que les gestionnaires des infrastructures routières mériteraient d’être renforcées et coordonnées.

Le BEA-TT leur recommande donc de se doter de dispositifs communs de surveillance et d’alerte.
Par ailleurs, le BEA-TT invite la région PACA et la régie régionale de transport Provence-Alpes-Côte d’Azur à étudier l’équipement de certaines zones à risques de chutes de pierres en dispositifs de protection de la voie ferrée, et notamment en rails de sécurité lorsqu’elle est en bordure d’un ravin profond.