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Les enquêtes techniques

Résumé du rapport final

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publié le 6 mai 2013

Le samedi 31 décembre 2011, à 18h08 à Morzine en Haute-Savoie, les deux cabines du téléphérique du Pleney démarrent alors que celle se trouvant en station supérieure a encore les portes ouvertes et que cinq moniteurs de l’école du ski français (ESF) en débarquent.
Une monitrice est déséquilibrée et ses jambes se trouvent coincées entre le quai et la cabine concernée qui commence à descendre. Deux autres moniteurs, restés dans la cabine qui descend portes ouvertes, font une chute d’environ cinq mètres dans la neige immédiatement après la station. La monitrice a des contusions aux jambes et une fracture. Les moniteurs souffrent pour l’un, de fractures multiples de l’omoplate et pour l’autre, de traumatismes au dos.
Le conducteur du téléphérique, installé dans la station inférieure, qui a commandé le départ des cabines, se rend compte de l’accident en regardant les écrans de surveillance dont il dispose. Il arrête immédiatement l’installation, la cabine descendante se trouvant alors environ 15 mètres après la station supérieure.

La cause directe de l’accident est l’activation du circuit de contrôle « prêt station-retour » autorisant la commande du départ de la cabine arrêtée en station supérieure, alors que ses portes étaient encore ouvertes.
Cette situation est très certainement la conséquence d’une inhibition par le conducteur du téléphérique du dispositif de sécurité correspondant même si l’hypothèse d’un défaut fugitif l’ayant affecté ne peut pas être complètement exclue.

Quatre facteurs ont joué un rôle déterminant dans cette situation :
- l’absence de mesures efficientes prises par l’exploitant pour remédier aux difficultés récurrentes rencontrées par les conducteurs de ce téléphérique pour obtenir l’activation du circuit de contrôle « prêt station-retour » alors même que toutes les conditions sont remplies ;
- le recours fréquent, pour contourner ces difficultés, à des moyens de fortune conduisant à inhiber le dispositif de sécurité destiné à garantir, avant tout départ, le verrouillage des portes de la cabine en station supérieure, sans que des procédures compensatoires stabilisées et formalisées aient été mises en place pour maintenir un niveau de sécurité équivalent ;
- l’absence de conscience des risques induits par ces pratiques de la part des conducteurs et des vigies concernés, notamment en raison de leur longue expérience du fonctionnement de l’installation et de rappels de formation insuffisants ;
- le manque d’efficience des contrôles internes qui n’ont pas permis de détecter et de traiter les dysfonctionnements précités.

Au vu de ces éléments, le BEA-TT recommande à la SA Téléphérique du Pleney de renforcer le management de la sécurité de l’exploitation de ce téléphérique, et plus généralement de l’ensemble des remontées mécaniques qu’elle gère, en développant la formation de ses personnels, en formalisant les procédures de sécurité à appliquer, en organisant un contrôle interne efficace et en assurant une traçabilité exhaustive des incidents affectant la sécurité des installations concernées.


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